Paul Personne Face A et Face B

Par Nicolas Didier Barriac - Le 20 Septembre 2011.

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Paul Personne continue de cultiver son positionnement indépendant dans la scène musicale française. Auréolé de succès en solo et aux côtés de Johnny Hallyday, le guitariste a toujours su exprimer sa sensibilité blues à travers des chansons de toute beauté. En 2011, le français nous revient avec trois temps forts : les sorties de A L'ouest, face A puis B, mais également le concert à l'Olympia le 30 juin. Les sujets de discussion ne manquaient pas...

Qu'est-ce qui t'a décidé à te lancer dans l'écriture de deux albums successifs ? Quel état d'esprit te guidait durant la conception de ce projet ?

Paul Personne : Beaucoup plus de boulot (rires) ! Et puis je n'avais pas du tout prévu la date de l'Olympia qui tombe en plein milieu. J'ai pu finaliser la face A sans trop de problèmes mais il me reste plein de trucs à faire sur la face B tout en répétant tous les morceaux pour le concert... Au départ, je pensais plutôt tourner à l'automne mais il n'y avait pas vraiment d'autres possibilités dans le calendrier. Et puis, j'ai toute la promo à assurer, comme de parler avec toi mais ça c'est très agréable ! Je suis au four et au moulin mais ça fait partie du truc et j'aime plutôt bien être occupé. Ca m'évite de penser à des conneries (rires).

 

Et donc... pourquoi deux disques ?

P. P. : En fait ce n'est pas du tout parti de ça. J'avais beaucoup de chansons. Je ne voulais faire qu'un seul album et le sortir à l'automne dernier. Mais il y a eu des retards par rapport à des signatures de contrats. En signant chez XIII bis, j'avais expliqué vouloir sortir le disque avant l'été. Nous avons commencé à parler avec nostalgie des vinyles et donc de leur face A et B... Comme j'avais énormément de chansons, on m'a suggéré de le sortir en deux temps en prenant cette analogie du vinyle, en sortant le premier volet au début de l'été et le second à la rentrée. Ca me rappelait ce que j'avais fait avec Demain Il Fera Beau puis Coup de Blues, qui étaient respectivement plus acoustique et plus électrique, à quelques mois d'écart. Pour A l'Ouest même si cela sort en deux temps il s'agit du même album avec la même philosophie.

 

Par contre des vinyles de cinquante minutes ce n'est pas super courant (rires)... Ils sont mutants ?!

P. P. : (rires) Oui voilà, exactement (rires) ! J'ai aimé cette idée. Il y a un an, j'étais au début du projet donc ça commençait à traîner et je n'aime pas quand les choses s'enlisent... Je souhaitais rapidement tourner la page et passer à autre chose. Là, la page du premier volet est tournée, le second quasiment. A la rentrée, je me focalise sur la tournée et ce sera vachement bien.

 

Tu alternes instrumentaux et morceaux chantés. Comment décides-tu à l'avance vers quelle catégorie s'oriente une nouvelle chanson ?

P. P. : Elles sont écrites d'une certaine manière. Les morceaux chantés sont souvent un peu plus mélodiques ou en tout cas avec un certain type de mélodie ou d'émotion que je ressens comme devant être chantée. Même sans les paroles écrites, je vois vaguement ce qu'il faudrait raconter. Je me ballade souvent avec un dictaphone qui m'aide à trouver les lignes vocales que je recherche. Les idées, on ne sait jamais quand elles arrivent... Et comme je ne me dis jamais que tel jour il faut que je bosse de telle heure à telle heure, il vaut mieux pouvoir capter toute source d'inspiration au bon moment ! Souvent, des trucs anglais à la radio me stimulent et bien que je ne comprenne souvent rien à ce qu'il se dit j'entends un ou deux mots et je suis parti sur mon propre truc ! Quant aux instrumentaux, j'y ai pris goût récemment car on m'a beaucoup sollicité pour faire de la musique sur des courts métrages. Ca m'a redonné envie de partir là-dedans et de ne pas être obligé de m'exprimer majoritairement à travers le chant.

 

Un mot sur Blues For Calvin, le plus long instrumental du disque, et l'artiste qu'était Calvin Russell...

P. P. : J'ai été touché comme plein de gens par sa disparition. Je l'avais rencontré il y a pas mal d'années et on savait qu'il allait pas super... Je me suis retrouvé sur scène avec lui à quelques reprises et c'était toujours agréable. L'année dernière je l'ai vu au Mans. Sa femme m'avait demandé si je ne connaissais pas un super toubib. Heureusement, sa musique reste et on peut toujours l'écouter. En tout cas, j'ai eu envie de faire un morceau pour lui. C'était le dernier morceau de l'album, fait un peu au dernier moment. On a fait deux prises et j'ai tout de suite capté ce que je voulais.

Changeons de sujet. Contre toute attente, il semblerait que tu aies quelques atomes crochus avec l’univers du hard rock et Mötorhead en particulier…
P. P. : On m’a demandé d’être le parrain du festival Guitare En Scène 2010. C’était pas trop de responsabilités puisqu’il ne fallait pas forcément boeufer (rires) ! Le second jour il y avait Joe Bonamassa et Mötorhead. On a voulu me présenter Lemmy. Il était complètement crevé et nous avons pris une photo ensemble. C’est un personnage légendaire qui était quand même roady d’Hendrix et…

Un peu plus que roady, non (rires) ?

P. P. : (rires) Je ne vois pas ce que tu veux dire ! Musicalement, ça me plaît bien. J’ai pas de disques chez moi mais j’adore en live. On m’avait conseillé de mettre des boules Quiès pendant le show mais je les ai rapidement enlevées pour apprécier la prestation du trio. Ils envoient. C’est un pur groupe de rock ‘n’ roll. Pour moi c’est au même niveau qu’AC/DC. C’est vrai que j’écoute pas de la musique noisy chez moi à fond la caisse du soir au matin mais là c’était hyper agréable. Tu sens que les mecs sont droits dans leurs bottes. J’aime bien les mecs entiers.

Tu rends hommage à Calvin Russell sur la Face A de A L’ouest, comme nous en avons parlé. Pourrais-tu faire la même chose avec Gary Moore, guitariste de blues apprécié par les rockers, sur la Face B ?

P. P. : Calvin je l’ai bien connu et c’est tout naturel que j’aies voulu lui rendre hommage. Gary, je ne suis pas aussi proche. Je respectais le guitariste car nous avions le même background même s’il était sans doute un peu plus rugueux que moi. De ce fait, je ne pense pas que je sois bien placé pour lui rendre hommage…

Paul Personne - A L’Ouest: Face A